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ALGER LA BLANCHE

Ces quelques vers de mirliton

d'un enfant d'Hussein-Dey en hommage à Alger

 

Rivée à ta colline,

Qu'un vert sombre domine,

Alger, belle cité,

De soleil inondée.

Dans toute ta blancheur,

Ou ta rose pâleur,

Tu étais paquebot,

Flottant sur l'indigo.

Ta scintillante rade,

De la Pointe Pescade,

Jusqu'au Cap Matifou,

S'éployant devant nous,

S'irisait sous nos yeux,

De subtils reflets bleus.

Mêlés de résonances,

Coupées de courts silences,

Les échos de ton port,

En moi vibrent encore.

L'air, dans tes rues,

Et dans tes avenues,

Fleurait bon les épices,

Et tes mille délices ...

Pour moi,

Tu fus le lait, le miel,

Emplissant tout mon ciel.

 

Alger, patrie perdue,

Tes jardins suspendus,

Flottent dans ma mémoire,

Pour toujours m'émouvoir.

Raviver mes regrets,

Ou me faire rêver,

Tes foules bigarrées,

Traversent mes pensées.

Moi, enfant d'Hussein-Dey,

Je ne puis que t'aimer,

Ayant été de ceux,

Qui,depuis leur banlieue,

Pouvaient t'apercevoir,

Du moindre promontoire.

Alger, ma Douce, ma Belle,

Ma blessure éternelle,

Toi, nouvelle Eurydice,

Au fond du Précipice.

Quand donc te reverrai-je,

Et par quel sortilège?

Hélas! jamais, je pense,

Et ma peine est immense...

 

Pierre Schurdevin  --1 980 --

 

Ce poème empreint de nostalgie ne vous rappelle t'il pas le fameux :

"Heureux qui comme Ulysse de Joachim Du Bellay"

Quand reverrai-je, hélas, de mon petit village
Fumer la cheminée, et en quelle saison
Reverrai-je le clos de ma pauvre maison,
Qui m'est une province, et beaucoup davantage ?
 

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