AEHD

 

 

 

" AOUF, AOUFISME, AOUFISTE "

Par principe, vous le savez, les avaricieux s'ingénieront toujours à éluder toute obligation touchant au domaine pécuniaire. Vous connaissez bien leur devise : « Payer et mourir, on a toujours le temps ».

Chez nous, là-bas, nous avions coutume de dire, s'agissant de ce type d'individus, qu'ils n'étaient pas autre chose que des « Aoufistes ». Ces maîtres en l'art de ne rien payer, il faut bien le reconnaître, ont toujours fait preuve d'un savoir faire évident, à défaut d'un savoir-vivre même le plus élémentaire.

 

Dans le glossaire populaire d'Afrique du Nord, et en particulier dans l'Algérois, l'adjectif « AOUF » signifiait : gratuit, gratis, à l'oeil ... Ce sont nos Anciens qui, jadis, ont créé, à l'envie, ce glossaire contenant  des mots et expressions, Ô combien colorés, n'en déplaise aux précieux et précieuses (ridicules ou pas).

 

Dans ce lexique, donc, figuraient tous les ingrédients d'un catéchisme pimenté, dont l'expressivité ne trouve rien de comparable ou, très rarement, dans d'autres idiomes régionaux. On pouvait dire, par exemple : " Qué gandoul çuilà " au lieu du très académique: " Quel paresseux celui-ci! ". Constatez la différence.

Nos « aoufistes » présentent différents traits de caractère : vous pouvez avoir affaire à un individu qui recèle tout simplement ses caractéristiques d'aoufiste dans son subconscient. Il va, de ce fait, se mettre à resquiller naturellement, sans même sans rendre compte. A ce degré d'inconscience, notre écornifleur se situera presque dans la morale courante. Allez, pour faire dans le pseudo scientifique, si vous le voulez bien, nous l'appellerons : « Aoufistum Vulgaris ».

 

Vous aurez ensuite le genre rigolard volubile s'apparentant au « Louette de Bab-el-Oued », qui se dédouanera son aoufisme en amusant la galerie. On lui saura même gré d'avoir apporté une note de gaieté dans l'assistance. Fort logiquement, on le dénommera celui-là : « Aoufistum Rigolatus ».

 

Enfin, pour finir, vous aurez peut-être la "chance" d'approcher le spécimen rare faisant partie de l'espèce, disons, la plus noble. Il s'agit, sachez le bien, de "l'Aoufiste" supérieur qui, de façon hautaine, n'adressera ses salutations qu'avec extrême parcimonie. A la limite, il condescendra à tendre une main flasque, ici ou là, à quelques connaissances considérées, suivant ses propres critères, comme faisant plus ou moins partie de sa caste. Le triste sire affichera un air quasi obséquieux, au risque même de passer pour un pisse-froid. Peu importe, son but sera de donner le change à ses " relations ", qui, de ce fait, ne le percevront pas comme un "Aoufiste", mais plutôt comme un personnage d'importance, digne de considération ... Le tour sera joué. Ce super "Aoufiste", nous l'étiquetterons, bien sûr, sous l'appellation "Aoufistum Altus" . Une sorte d' A.O.C., en somme.

                         En définitive, les individus de ces trois espèces particulières ont tous le même dénominateur commun : la pingrerie.  Sont-ils amusants ? Sont-ils pitoyables ?

                          Mais, attendez, n'avons pas nous même, à certaines époques, été soumis à la tentation de "l'Aoufisme"? Hein ?  De 42 à 45, les chapardages de biscuits et de chewing-gums dans les camions Américains. Plus tard, le vieux tram des CFRA, les marchands de blis blis, le stade, les bals...... ça ne vous rappelle pas quelque chose ?

                          Mais, il s'agissait davantage d'une espèce de jeu que d'actions intéressées. Nous avons su éliminer, quand il l'a fallu, le virus de "l'Aoufisme", question de principe, question d'amour propre.

Pierre SCHURDEVIN - ARTERO.

 

                           Dans cette description particulièrement savoureuse de l'aoufisme (avec un petit a), l'Auteur a complètement cerné le sujet, ne négligeant aucun détail. Il conviendrait, cependant, d'y ajouter celui (ou celle) qui, bien que profondément attaché à Hussein-dey, omet d'adhérer à l'Amicale et se précipite chez son voisin, son cousin, afin de "dévorer", jusque dans ses moindres détails, notre revue semestrielle !

                          Là, il se délecte, avec une certaine jouissance, de toutes les nouvelles Hussein-déennes, "sans payer" puisque les autres l'ont fait pour lui ! Heureux d'avoir pu grappiller quelques euros au détriment de l'Amicale, peu soucieux de l'avenir de l'AEHD, mais à l'affût de tout ce qui concerne notre Association.

                         Celui-là vient parader, ensuite, sur notre site Internet, persuadé de ne pas être reconnu. Agissant en toute décontraction, voulant ignorer, bien sûr, les frais engagés pour la tenue des diverses manifestations auxquelles il se garderait bien de ne pas assister, il est heureux d'avoir pu, une fois encore, détourner quelques euros sur le dos de ses amis Hussein-déens.

                         Après avoir lu ce long message, l'aoufiste qui se reconnaîtra, n'hésitera sans doute pas à "régulariser" sa situation rapidement ! C'est ce que je lui souhaite.

Le PRESIDENT.

 

 

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