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DEUX HUSSEIN-DEENS DANS L'AVENTURE SUPERSONIQUE
Roland SALVA et Gilles PONS, nos deux Hussein-déens, ont cette particularité d'avoir eu des parcours scolaires et professionnels rigoureusement identiques. Leur première rencontre se situe en 1954, dans la classe de 5ième de l'école Jules FERRY, quand Roland, arrivant en cours d'année, vint occuper la place disponible à côté de Gilles. A la fin de la classe de troisième, ils intègrent par concours l'Ecole Nationale Professionnelle de l'Air de Cap Matifou dont ils sortent en 1961. Entre temps, ils tâtent un peu de basket, au cours de l'année 1956 - 1957, dans l'équipe junior de l'OHD.
Roland à gauche accroupis - Gilles debout au milieu En 1962, c'est le service militaire puis le départ d'Algérie. Ils se perdent alors de vue. Ils se retrouvent, par le plus grand des hasards, un jour de l'année 1964, à l'usine Sud-Aviation de Courbevoie dans la proche banlieue parisienne. Ils n'imaginent pas, à ce moment, entamer une carrière de plus de 30 ans dans ce qui deviendra en 1970 l'Aérospatiale et aujourd'hui EADS, en étant fortement impliqués dans le programme Concorde, développé en collaboration avec les Britanniques.
Roland habite à l'époque Garges-lès-Gonesse et Gilles, Aulnay-sous-bois. Ils se donnent donc rendez vous tous les matins au Bourget, pour partir travailler ensemble en utilisant alternativement leur voiture. En 1967 leurs routes se séparent de nouveau, Roland prend la direction de l'Angleterre pour quelques années. Il y sera l'un des représentants Français ayant pour mission de suivre l'état d'avancement du programme supersonique, principalement les essais de fatigue (résistance mécanique aux sollicitations cycliques) et la répercussion sur les avions de ligne. A l'issue de cette mission, il regagnera Toulouse pour assurer le suivi en service de l'appareil et restera, jusqu'à son départ en retraite, l'une des personnes les plus compétentes et les mieux documentées sur le programme Concorde. Gilles, de son côté, reste à Courbevoie jusqu'en 1973, puis, à la suite de la fermeture de l'établissement de Courbevoie, il rejoint le centre de recherches de Suresnes. Il s'occupera des essais de résistance mécanique ( fatigue - fluage ) et de vieillissement à température sur les matériaux Concorde. Tout au long de leur carrière, ils se retrouveront régulièrement, au cours de leurs déplacements respectifs, à Toulouse ou à Suresnes. Au début des années 1990, l'idée d'un nouveau supersonique plus performant ressurgit. Les études redémarrent. Nanti de son expérience Concorde, Gilles aura la charge de coordonner les programmes de recherches Français et Européens consacrés au développement d'alliages d'Aluminium pour tenue à température. Malheureusement, la priorité donnée, pour des raisons budgétaires, à la construction de l'Airbus A 380 et l'accident du Concorde à Gonesse en juillet 2000, mettront fin, du moins pour un temps, à l'aventure supersonique. G.P.
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