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HUSSEIN-DEY....BIEN AVANT !........
C'est vers les années 1900 - 1910 que furent construites, dans le quartier de la Saint JEAN, des maisons basses, dont certaines, avec un étage, très solides puisqu'en 1962 il en existait encore au 3 et 3 bis rue Parnet. Ces maisons abritaient, principalement, des familles espagnoles, originaires de la région d'Alicante ( VIDAL, FERNANDEZ, NAVARRO, BERENGUER ... ) et qui s'exprimaient, pour la plupart, en "Valencian". Les appartements étaient composés de 3 pièces: une grande chambre, une moyenne et la salle à manger cuisine avec une table de travail ( le potager ) surmontée d'une grande cape et au milieu de laquelle était encastrée une petite grille destinée à la cuisson ( au charbon) des aliments, ancêtre du barbecue! Cette installation fit place, dans les années qui suivirent, au fourneau à pétrole, activé par une pompe à main et dont le gicleur devait être très souvent débouché avec une aiguille spéciale fixée au bout d'une tige de métal. Malheur à celle qui avait oublié son aiguille car la flamme bleue faisait place à un brûlot dégageant une fumée qui noircissait les casseroles et envahissait la pièce d'une désagréable odeur de pétrole mal consumé. L'éclairage était aussi assuré par une lampe à pétrole, à mèche, et que l'on déplaçait dans les pièces, suivant les besoins. Dans la cour, un point d'eau ( pompe ou puits) et un WC commun. On accédait à Il étage par un escalier massif aux marches en pierre taillée avec rampe en grosses briques, surmontée d'une main courante en ciment bien lissé débouchant sur une galerie qui desservait les appartements. Au milieu de la coursive, accroché à la rambarde, un gros entonnoir en zinc destiné à l'évacuation des eaux de vaisselle (ou autres!). C'est dans ces constructions donnant sur la rue de Constantine, après la rue Parnet que se trouvèrent des familles dl immigrés espagnols, loin de leur terre natale très appauvrie et dans l'incapacité d'assurer une vie décente à leurs enfants. On y vivait bien car pour ces hommes courageux le travail ne manquait pas: maçons, forgerons, tonneliers, tous pouvaient subvenir dignement aux besoins de leur famille. C'est là, aussi, que les soirées d'été réunissaient tout ce monde heureux, dans la cour où l'on s'installait sur des chaises basses, aux sièges en alfa tressé, pour évoquer les souvenirs "d'el Poble" (le village) et échafauder des plans pour décider ceux qui, trop timides, n'osaient pas encore faire le pas et traverser la méditerranée, depuis Alicante sur le "SITGES" !. L'ambiance y était sereine, joyeuse et, surtout, on goûtait à la fraîcheur de cette cour où l'on "prenait le frais" (el fret en Valencien) et ce lieu paradisiaque devint, c'était inévitable, "EL PATI FRET" (le patio frais) lieu-dit très prisé qui conservera son nom bien après sa démolition (1930 peut-être?).
G. MAMO
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