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L’EL GOLEA - UN PETIT COIN D’HUSSEIN-DEY A PARIS
Quand on évoque le nom d’El GOLEA, ce qui vient à l’esprit peut être très variable en fonction de la personne à laquelle ce mot s’adresse : - Pour un Métropolitain, c’est une carte postale grand modèle de préférence avec : des dromadaires, des palmiers, des dunes de sable à perte de vue. - Pour un Pied Noir, c’est un morceau de pays natal abandonné par la France et aujourd’hui peuplé de millions d’habitants. - Pour un enfant d’Hussein dey, c’est tout cela mais c’était également l’ambassade de notre ville à Paris, un havre où l’on pouvait boire, manger et se réchauffer le cœur en parlant du pays et en évoquant les exploits de notre emblème le plus célèbre : l’OHD. Situé rue René Boulanger, dans le 10ième arrondissement, tout près de la porte Saint-Martin et du théâtre du même nom, l’El GOLEA fut d’abord dirigé par Pierrot ESCRIVA, un Hussein-déen, parti avec d’autres camarades, avant guerre, tenter sa chance dans la capitale, puis, par son neveu, notre ami Pierre GREUZARD, plus connu sous l’appellation de « Pierrot le boucher ». Entre les deux Pierrot, il y eut l’intermède Sauveur MARCO, autre Hussein-déen célèbre, autrefois propriétaire à Bab-El-Oued, rue Borely la Sapie, du « Café Riche » à côté du cinéma Majestic.
Caricature de Sauveur MARCO par Jean BRUNE
Avant 1962, l’EL GOLEA était le lieu de rencontre des Hussein-déens exilés à Paris et de leurs compatriotes de passage dans la capitale pour vacances ou affaires. L’établissement était également fréquenté par des comédiens célèbres se produisant au théâtre à côté. A la fin du spectacle, ils venaient boire un dernier verre ou prendre une petite collation et leurs portraits dédicacés couvraient les murs à côté de la photo de la grande équipe de l’OHD, triple championne d’Alger à la fin des années quarante. Après l’indépendance de l’Algérie, la fréquentation des Hussein-déens s’accrut. On venait simplement boire l’apéritif ou bien manger des bricks et du couscous dans un décor de style mauresque avec l’espoir de rencontrer quelques têtes connues. La légende prétendait qu’il ne fallait jamais dégainer le premier (sous entendu sortir un billet de sa poche pour régler sa consommation) car, partant du principe que les amis de nos amis sont nos amis, on risquait de payer l’addition de tout le comptoir. Au moment de l’OAS, l’EL GOLEA fut, un temps, l’objet d’une surveillance policière. Sauveur fut interrogé sur ses activités et déclara, à la police, non sans une pointe d’ironie, qu’il exerçait la profession de « danseur mondain ». Des années plus tard, peut-être en raison de sa localisation dans un quartier « chaud » de Paris, l’établissement fut suspecté à tord d’être un lieu de trafic de stupéfiants. Une enquête fut ordonnée et notre ami Pierrot le boucher dut s’expliquer pour démontrer sa bonne foi afin d’être disculpé. Les accusations étaient bien évidemment infondées. Tout était clair et transparent comme du cristal (de chez Liminana bien sur) car la seule « blanche » qu’on y trouvait en vente libre c’était tout naturellement l’anisette. G.P.
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