J'ai été la semaine dernière (*) chez Emmaüs
et j'ai vu une grosse caisse en bois, où il était écrit : «
Monsieur Cardona Alger ».
Cela m'a émue au plus haut point et a remué des souvenirs
bouleversants. J'aurais bien voulu acheter cette caisse.
Elle devait être sortie d'un grenier où l'avaient placée ses
propriétaires depuis très longtemps...
J'aurais voulu respirer sa poussière et m'imprégner de tous les
souvenirs qu'elle avait dû contenir :
Les gris, les moroses,
Mais aussi, les bleus et les roses,
La chemise du bébé,
La robe de mariée,
Et quelques photos emportées.
Si son propriétaire avait pu savoir le bonheur que nous aurions
eu à lui raconter nos déambulations sur notre sol natal et
l'accueil chaleureux dont nous avons été entourés !
Que de joies aurions-nous pu semer dans son coeur blessé en ces
temps d'incertitudes.
Aussi, Monsieur Cardona, qui que vous soyez et où que vous
soyez, je vous embrasse de tout mon coeur.
Sabine Bachelet
(*) C'était il y a 2 ou 3 ans.
Réponse à ce texte d'un Hussein-déen anonyme
:
Mon expérience de la vie m' amène à une
conclusion : notre créateur nous a doté de la plus solide malle
que l' on puisse imaginer, il s' agit bien sûr de notre mémoire
!
Elle nous permet de ranger nos idées, les odeurs des marchés,
celles de saisons, un champ d' orangers en fleurs en été. Les
images de notre passé y sont méticuleusement classées et quand
on se retrouve entre amis, , on fait appel à notre mémoire pour
partager ensemble le souvenir de nos plus beaux moments.