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LE TESTAMENT MORAL D'UN HUSSEIN-DEEN

 

Je suis arrivé au crépuscule de ma vie, elle est loin la case “DEPART“, je vois poindre le panneau “ARRIVEE”.

J’ai aimé la vie qui m’a été offerte et mes semblables. J’ai la conscience d’avoir donné le meilleur de moi-même.

J’ai vu le jour au paradis et je sais que je n’y retournerai plus. C’est la destinée, et, comme certains disent, j’ai suivi le vent de l’histoire.

Mes yeux se sont ouverts sur une pauvre rue où il y avait des gens d’autres nationalités, de toutes races et de toutes religions. Un seul point commun toutefois : la misère.

La plupart d'entre nous, vivions dans ce pays qui n’était  pas le pays d’origine de nos familles, mais tous avions adopté ce pays qui nous avait accueillis. Bref, dans cette rue, mes amis s’appellaient : Pépé, Kadu, Yahiah, Djillalli, Omar, Ben Chicha, BouSaïd, Ginette, Loulou, Manuel, Marcel et j’en passe...

Un jour, le cours de l’histoire a voulu que je me sépare de la plupart de mes amis, je dirais de mes frères et cela au nom du colonialisme, du racisme.... J’ai beaucoup souffert de cette séparation.

Dans notre rue, la vie n’était pas facile, les hommes travaillaient dur pour de petits salaires.

Inaccessible paradis, tu as gardé mon père et mes grand-parents maternels. J’aurais aimé reposer à côté de mon père. Il a beaucoup travaillé, beaucoup souffert. J’ai vécu un temps sur le banc de sa galère et je sais qu’il a tout fait pour que je m’en sorte.

J’ai perdu le paradis, mes amis, tout l’univers que j’aimais.

J’ai aimé ma femme et mes enfants, ma famille et j’ai travaillé, travaillé... pour essayer d’améliorer nos conditions d’existence.

Je vais terminer mon existence dans un pays qui n’est pas le mien.

Quand je fais mon analyse de conscience, je me demande ce que j’aie pu rater, le mal que j’aie pu faire pour mériter pareille punition.

J’ai la conscience tranquille et je souffre.

Anonyme.

Par respect pour la mémoire de l'auteur de ce très beau texte, aujourd'hui disparu, nous ne divulguerons pas son identité, mais nous sommes nombreux à nous reconnaître dans ces quelques lignes très émouvantes.

G.P.

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